Recommander

Recherche

Lundi 7 avril 2008 1 07 /04 /Avr /2008 12:18

Radio Okapi donne les suites à l' expropriation par la FP ( famille présidentielle):

Make Makolo est le prête-nom de Sifa Maanya

Lubumbashi : 2 manifestants contre un déguerpissement arrêtés

La manifestation a eu lieu mercredi à la place de la Grande poste de Lubumbashi. A l’origine, 7 personnes, dont des huissiers et des inspecteurs de la cour d’appel de Lubumbashi ont tenté d’exécuter le déguerpissement forcé des locataires du bâtiment Betamax. Bilan : deux personnes arrêtées sur ordre du bourgmestre de la commune. Selon les huissiers chargés du déguerpissement, ils exécutaient l'arrêt rendu il y a deux mois par la cour d’appel de Lubumbashi sur l’affaire qui oppose M. Make Makolo à l’entreprise crédits fonciers. Quant à l'entreprise crédit foncier, elle affirme détenir un document de surséance livré par la cour suprême de justice, rapporte radiookapi.net

http://www.radiookapi.net/index.php?i=53&l=0&c=0&a=17899&da=&of=34&s=&m=2&k=0&r=all&sc=0
 

Lubumbashi : l’immeuble Betamax au centre d’un grand conflit immobilier

L’affaire oppose les propriétaires du bâtiment au tribunal de grande instance de Lubumbashi. Ce dernier cherche à déguerpir les occupants du bâtiment en exécution de l’arrêt rendu par la cour d’appel de Lubumbashi au mois de mars dernier. La famille Rashidi, connue jusqu'à présent comme propriétaire de l'immeuble, s'oppose farouchement à cette opération, rapporte radiookapi.net Le mercredi matin, une cinquantaine de policiers, accompagnée du huissier et des inspecteurs du tribunal de grande instance sont arrivés à l’immeuble communément appelé bâtiment Betamax. L’équipe avait reçu mission de déguerpir les occupants de l’immeuble, en exécution de l’arrêt de la cour d’appel de Lubumbashi. Cet arrêt a été rendu en mars dernier. L’affaire opposait Mac Makolo à l’entreprise « Crédit foncier »dont fait partie le bâtiment Betamax. Les occupants s’opposent farouchement et brandissent la lettre qui surseoit l’exécution de l’arrêt, lettre émanant de la Cour suprême de justice. Nicole Rachidi, fille du propriétaire du bâtiment explique : « On a tout le courrier qui montre la suspension de l’exécution. On a même appelé l’inspectorat général de Kinshasa qui a ordonné au tribunal de suspendre toute exécution » Le divisionnaire chargé du greffe au palais de justice de Lubumbashi n’est pas d’accord avec Mme Nicole Rachidi. Pour lui, la requête pour surseoir ä l’exécution de l’arrêt de la Cour d’appel, requête introduite par la famille Rachidi à la Cour suprême de justice, a été rejetée. Moïse Nkongolo affirme que l’arrêt de la Cour d’appel doit être exécutée. Pour sa part, le gouvernement provincial du Katanga, réuni en conseil des ministres le lendemain, demande aux autorités judiciaires de Kinshasa et leurs collègues de Lubumbashi d’harmoniser leurs vues en vue de préserver la paix dans la ville

http://www.radiookapi.net/index.php?i=53&l=0&c=0&a=17944&da=&of=18&s=&m=2&k=0&r=all&sc=0

Par Willy Ngoie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 29 mars 2008 6 29 /03 /Mars /2008 07:33

Un immeuble imposant, exproprié par la FP ( famille présidentielle)!
 
Le centre historique de Lubumbashi est flanqué du bâtiment de la Poste et d' une galerie marchande comprenant une salle de cinéma " Betamax". Les commerçants ont été sommés de déguerpir par le nouveau propriétaire qui ne serait autre que  Sifa Maanya ou, la mère de Joseph Kabila, président de la République. L' affaire jette un éclairage troublant sur une sorte de rapacité de la F.P. ( Famille Présidentielle), destructrice des institutions.

Dans le principe, Joseph Kabila semble opposé à l' affairisme illégal des membres de la famille polygamique de feu Laurent Désiré Kabila. Il les aurait même déjà mis en garde. Cette distanciation a même alimenté des rumeurs selon lesquelles Sifa Maanya aurait un moment comploté contre son fils qui ne lui laisserait pas les mains libres en affaires. Mais dans les faits, Joseph Kabila a été incapable de contenir les débordements et autres interventionnismes de sa soeur jumelle Jaynet. Celle-ci a brillé récemment 
dans la saga minière du zimbabwéen Billy Rautenbach; Jaynet a fini par l' emporter sur les raisons d' Etat invoquées par le Procureur général de la République et, actuellement, et malgré le processus de révisitation des contrats miniers, les gisements annulés ont été restitués.

 
L' autre réalité est que le chef de l' Etat a des difficultés pour recenser les membres de sa famille. Il a reconnu trois épouses à son père très volage. Cela lui laisse néanmoins des dizaines de frères et soeurs, d' oncles et tantes, de  cousins et cousines et leurs progénitures à gérer directement. Au delà, il existe une multitude de rejetons qui revendiquent la filiation de LD Kabila. Le plus célèbre est Etienne Kabila qui a campé dans l' opposition politique. Tout récemment,  Aimée Mulengela Kabila, a été assassinée à Kinshasa, et selon les dires de ses proches, parce qu' elle revendiquait des liens de parenté en dehors des trois lits reconnus et une part dans l' héritage. Des poursuites sont engagées contre l' ONG La Voix des Sans Voix qui a dévoilé les dessous de cette ténébreuse affaire.
 
La famille présidentielle a le triste destin d' allier l' affairisme à des crimes de sang. Avant Aimée, il y eut l' assassinat de Mzee Kabila lui-même en 2001. Et le 15 juin 2005 fut assassinée Espérance Kabila, tante du chef de l' Etat. Ce drame n' a pas enlevé une ombre à l' esprit de spéculation financière. Comme le meurtrier Mwamba Takiriri était un colonel, son forfait aura engagé la responsabilité des FARDC, et la famille de Joseph Kabila a obtenu de la justice militaire 36 millions de dollars US de dédommagements de l’État congolais. Environ un pour cent du budget national 2008. Autant, aux  dires des spécialistes, que les recettes attendues du secteur minier.
 
Ces dernières années, le régime kabiliste avait renoué avec les expropriations des immeubles comme " biens abandonnées" ou des "biens sans maître". La Société Le Crédit Foncier a ainsi perdu deux importants centres commerciaux sous le prétexte que la société avait cessé d' exister. Un commerçant de la place avait obtenu une lettre ministérielle lui attribuant l' immeuble, communément appelé Betamax. Vint le premier gouvernement Gizenga et la ministre des affaires foncières régularisa l' expropriation en remplaçant la lettre par un arrêté ministériel en bonne et due forme. Le bénéficiaire fut un ministre katangais, toujours membre du gouvernement. Ce dernier a revendu Betamax à Sifa Maanya. La mère du président n' apparaît pas dans la transaction, mais un individu âgé de 17 ans et qui serait son fils, ou neveu ou agent et prête nom. Saisie par le nouveau propriétaire, la justice katangaise a ordonné le déguerpissement des commerçants installés dans le Batamax. Parallèlement, les représentants de la société Le Crédit Foncier ont engagé des réclamations. Ils auraient obtenu gain de cause, car le nouveau ministre des affaires foncières a bien identifié l' expropriation illégale et annulé l' arrêté ministériel.
 
Il s' engage ainsi une course contre la montre. Tant que le faux titre de propriété du prête-nom de Sifa Maanya n' a pas encore été annulé par le Conservateur, celle-ci veut faire exécuter le jugement et prendre possession de l' immeuble. Le Crédit Foncier a engagé la résistance, mais aucun huissier n' obtient l' accès à l' adresse du propriétaire qui n' est autre que l' adresse de la résidence officielle de la mère du chef de l' Etat et cela dans le quartier militarisé de la présidence.
 
Sifa Maanya a obtenu la réquisition d' une bonne centaine de policiers pour procéder à l' expulsion des locataires du Crédit Foncier. Le gouverneur de province se serait interposé en invitant les victimes à " un peu de sagesse", compte tenu de l' identité du propriétaire qu' il a promis de dévoiler. Sa proposition serait que les commerçantsbénéficient d' un préavis de quelques mois. Ce qui signifie que le Crédit Foncier semble bien avoir été exproprié au grand jour et en plein centre ville de Lubumbashi. Les observateurs estiment que, cette fois, Sifa Maanya aura poussé le bouchon trop loin, et l' affaire risque d' arriver aux oreilles de son fils. Ce serait alors un test grandeur nature.
 
P. Kabengele 
Par Willy Ngoie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 18 novembre 2007 7 18 /11 /Nov /2007 07:56

Qui sont les racistes de Mary Delvaux Fumu?

 
Un scoop  défraie le Web congolais. Mary Delvaux Fumu, une Congolaise de 40 ans mariée à un sujet belge avec lequel elle avait eu trois enfants s'est immolée par le feu au Grand-duché de Luxembourg. Elle avait décidé de mettre fin à sa vie pour protester contre le racisme. Les témoins et son mari sur place ont tenté d'éteindre un corps en feu quand les sapeurs pompiers sont arrivés. Gravement brûlée, elle a été conduite dans hôpital spécialisé. La Grande Duchesse Maria Teresa a rendu visite à la victime et aux membres de sa famille. 

Ce jour là, en effet, une manifestation écologique avait fait accourir des journalistes du Grand Duché du Luxembourg. Mary Delvaux Fumu a voulu utiliser cette vitrine médiatique en s' exposant aux photographes, rédacteurs et cameramen. Elle leur dit:  « Je vais m'immoler pour protester contre le racisme! ». Ce jour là, c'était le 5 octobre ... 2004!!! IL Y A TROIS ANS déjà! Mais hormis les congolais, la grande presse internationale avait couvert le drame. Le 19 octobre 2004,
Jean-Pierre Stroobants, un reporter du quotidien Le Monde avait relaté les faits sous le titre " Au Luxembourg, une mère congolaise se suicide dans l'indifférence ". Cet texte est encore consultable sur le lien internet:

Le journaliste Jean-Pierre Stroobants raconte. Mardi 5 octobre, Maggy Mufu Mpia, une quadragénaire belgo-congolaise, mère de trois enfants, a troublé la vie paisible de sa patrie d'adoption. Elle s'est arrosée d'essence en plein cœur de la capitale, Luxembourg, avant de craquer une allumette. Des photographes présents par hasard ont saisi l'image de la jeune femme en feu, hurlant sa douleur. Olivier Delvaux a tenté d'intervenir mais Maggy, transportée à Metz, est morte quelques jours plus tard. Elle voulait, affirmait-elle, dénoncer les tracasseries administratives dont sa famille était l'objet et le racisme dont ses enfants étaient les victimes. M. Delvaux qui se prend la tête entre les mains pleure:  "Je me reproche de n'avoir pas vu son désespoir, mais j'aurais fait la même chose qu'elle. Aujourd'hui, je préférerais être mort, mais il y a mes trois enfants..." Il pense que beaucoup d' autorités de ce pays ont "tout fait pour le ruiner" et conduire sa femme au désespoir.

Jean-Pierre Stroobants  poursuit: "    Le couple habitait Bruxelles avant que le mari, ingénieur, décroche un travail à Luxembourg, en 1997. L'installation se déroule sans souci particulier mais les enfants du couple connaissent leurs premières difficultés à l'école. A Ettelbrück, un garçon se fait traiter de "sale Noir" et on l'interroge sur l'étrange couleur de sa peau de métis. La petite fille est parfois "oubliée" sur le bord de la route par le car de ramassage et, une autre fois, reste coincée dans la porte de sortie tandis que le chauffeur poursuit son chemin. Son mari affirme que, jusqu'au dernier moment, il a cru qu'elle voulait enflammer des couvertures devant un ministère. Le 5 octobre, alors que la police avait été discrètement alertée mais attendait Maggy à un autre endroit de la ville, elle s'est immolée."

Mais en 2007, l' information et les images de la torche humaine et noire ont vite fait le tour des journaux et des sites internet congolais. Cela situe bien le niveau de sérieux et de crédibilité de ces médias. Le scoop est venu du quotidien Le Palmarès du 10 novembre, et fut aussitôt repris par Digitalcongo.net, Congoforum.be et de nombreux sites et blogs congolais. Indignation et horreur.  Le véritable scandale est de n' avoir pas découvert ou indiqué que les faits remontaient à 2004. Et même, en parler en 2007 exigeait un lien avec d' autres sujets traités. Le plus grand scandale est que l' on s' empare du drame d' une compatriote pour fustiger les racistes d' Europe. Dans cette affaire, Le Monde avait regretté l' indifférence des Luxembourgeois. Les Congolais qui ont été indifférents pendant trois années seraient d' autant plus racistes.
 
Alexis Tshabene
 
Par Alexis Tshabene - Publié dans : congo
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 15 novembre 2007 4 15 /11 /Nov /2007 12:56

Révisitation (2) :

 De la tentative à la tentation du crime parfait 
 
Gizenga a laissé négocier et annuler en dehors de la révisitation          
 
La question des ressources naturelles se pose en termes de « souveraineté ». On s’ attendait donc à un toilettage en profondeur des contrats miniers par un Gizenga qui incarne encore l’ ère du très nationaliste Patrice Lumumba. Malheureusement, sur cette question primordiale, le programme du gouvernement avait manqué d’ originalité et de courage. Bien sûr, au lendemain de son installation, le gouvernement avait fait sensation en interdisant la négociation de nouveaux contrats miniers avant d’ être édifié par la Commission de Révisitation.  La bonne gouvernance imposait, en effet, de faire un état des lieux, avant de s’ aventurer davantage. Mais, paradoxalement ou à dessein, les négociations minières les plus importantes ont été engagées avant la livraison du rapport de la Commission de Révisitation. On vient d’ instaurer le troc minier contre des travaux d’ infrastructures en proclamant des milliards de dollars d’ endettement chinois ; on a promis des mines de la Gécamines à 4 entreprises chinoises, et on a fixé sans évaluation des apports réciproques des partenariats avec 68% de capital Chinois et 32% pour la Gécamines. Le processus de révisitation est bien étranger à un exercice de bonne gouvernance.
 
Dans un article intitulé « Une nouvelle enquête sur le scandale minier », Africa Confidential a indiqué que Augustin Katumba Mwanke a joué un rôle déterminant dans les accords miniers avec les Chinois. Le même homme avait été cité comme le parrain des contrats miniers décriés. Autant dire que la fameuse Révisiation a été menée avec l’ agenda caché de ne rien changer de fondamental. Cette parodie de la Commission de révisitation a été confirmée par annulation précipitée et sans transparence des droits de deux sociétés minières : Boss Mining ( cuivre et cobalt) et Brinkley Mining Plc ( uranium). L’ hypocrisie élémentaire n’ a même pas été à l’ ordre du jour et on n a pas attendu le rapport de la Commission pour agir.
 
Les Américains sont déjà rassurés            
 
En 2005 déjà, il y avait eu une course contre la montre entre le risque d’ examen du rapport parlementaire Lutundula, la fin de la Transition  et la signature des trois contrats miniers les plus importants : Tenke Fungurume Mining, KCC ( Kamoto) et DCP ( KOV – Kamoto Oliviera Virgule) qui représentaient près de 80% du patrimoine de la Gécamines. En 2007, les mêmes réflexes de sauvegarde d’ intérêts cachés et de fuite en avant ont joué en faveur du même trio. Selon les commissaires de 2007, Tenke Fungurume Mining (TFM) représente  9 à 18  Millions de tonnes de cuivre de réserves valant 70 milliards de dollars. En 2005, le projet avait été bradé  contre une promesse de produire à peine 40.000 tonnes de cuivre par an… La mouture actuelle de TFM annonce 115.000T de cuivre par an, qui correspondent entre 78 à 156 années d’ exploitation.
 
Aussi la Commission de Révisitation a recommandé que TFM produise un minimum de 500.000 tonnes de cuivre par an. Qu’ en sera-t-il ?  Les observateurs font le rapprochement de l’ acquisition des intérêts miniers américains avec le mandat de William Swing ; l’ auguste vieillard peut se retirer avec le sentiment du devoir accompli. Car, parallèlement, les négociations de TFM avaient été menées sous l’ œil d’ une attachée à l’ ambassade des Etats-Unis de Kinshasa qui est passée ouvertement au service des investisseurs miniers américains. Il y a plusieurs autres histoires sur les implications américaines. C’ est dans ces circonstances que le président Joseph Kabila s’ est précipité à la mine des actionnaires de TFM, en Arizona, Etats Unis, avant même de rencontrer George W. Bush à Washington. Ce fut tout un symbole. Et selon les observateurs, Kabila est ressorti de la Maison Blanche avec dans une main le maintien du contrat de Tenke Fungurume Mining, et dans l’autre, la remise de la base militaire de Kamina pour la surveillance des opérations minières.
 
Les commissionnaires sont bien consolidés          
 
Les deux autres contrats du bradage de 2005 avaient bénéficié à deux tycoons juifs : George Arthur Forrest avait obtenu la joint venture KCC  (Kamoto Copper Company) que la Commission évalue à 2 milliards de  dollars américains, tandis que Dan Gertler a reçu DCP (DRC Copper and Cobalt Project) que la Commission estime à 15 milliards de dollars américains. Au lendemain de l’ obtention de leurs droits miniers, Forrest et Gertler avaient transféré les contrats à des entreprises cotées en bourse. La Commission a critiqué ces «  acquisitions des droits miniers à des fins spéculatives (vente des actions ou parts sociales avant la phase de production et souvent à l’insu de l’entreprise publique) ».  Pour les commissaires, la « participation au capital des Joint Ventures a été arrachée sur simple promesse (engagement) d’obtenir en faveur de celles-ci des prêts remboursables avec intérêt alors que le financement obtenu est garanti par les titres miniers de l’entreprise publique (comportement des commissionnaires et non d’investisseurs) ».
 
Effectivement, la Constitution et le Code Minier proclament la souveraineté du Congo sur les richesses minières qui sont inaliénables.  Cela signifie que les richesses minières congolaises ne sont pas dans le commerce.  Au Congo, le permis d’ exploitation n’ accorde pas de droit de propriété. L’ opérateur minier devient propriétaire des minerais au moment où il paye la « redevance minière ». C’ est-à-dire, lors de l’ exportation des minerais et des métaux. Avant cela, les ressources appartiennent à l’ Etat. Mais c’ est tout le contraire qui se passe. Les sites Internet des bénéficiaires des contrats sont devenus des vitrines de supermarché des ressources nationales.  Au Congo, les mêmes partenaires justifient que leurs contrats ne sont pas léonins, parce que les ressources minières non encore exploitées n’ ont pas de valeur marchande. Mais à l’ étranger, les mêmes réserves minières congolaises sont répertoriées et valorisées pour les places boursières et pour le seul profit des partenaires. Cet enrichissement boursier est  prendre en compte dans le caractère léonin des contrats. Un gouverneur de province a récolté 61 millions de dollars là où, selon la Commission, la Gécamines a reçu une promesse de 5 millions. De même, il a suffi qu’ un gisement soit été retiré à un projet pour que la cotation en bourse chute de 40%. Le lien minerais-valeur est évident. Le vol du patrimoine national aussi.
 
Au lendemain des premières fuites du rapport de la Commission, les projets KCC de KinrossForrest, devenu Katanga Mining Limited (KML) et DCP de Dan Gertler, devenu Nikanor ont fusionné brusquement. Monsieur JC Masangu, gouverneur de la Banque Centrale du Congo et proche de Kabila siège au comité de KML qui a pris cette décision. Côté DCP, c’est son président Monsieur Simon Tuma Waku, un proche de Augustin Katumba Mwanke qui a annoncé et défendu l’ alliance devant la presse kinoise. Nul ne peut prétendre que le chef de l’ Etat ignorait ces grandes manœuvres. KML et Nikanor annoncent une capitalisation boursière combinée de 3,3 milliards de dollars, soit 1/3 d’ emprunts pour investir et 2/3 de plus values provenant des réserves minières. Ces projets réalisent ainsi et à la face de Gizenga, un bénéfice de 200%, avant même d’ avoir produit le premier kilo de métal raffiné… De manière plus significative, cette fusion de Kamoto et de KOV vient de reconstituer l’ ancien périmètre d’ exploitation de la Gécamines à Kolwezi. On n’ aurait pas mieux critiqué la philosophie du dépeçage de cette entreprise. C’ est la preuve qu’ on a
dévêtu l’ Etat pour rhabiller Forrest, Gertler et leurs partenaires. Tout gouvernement « normal » aurait dû dénoncer, depuis longtemps, la spéculation en bourse des valeurs minérales nationales. La révisitation aurait au moins servi à  empêcher cela. Bien au contraire, la fusion KML-Nikanor démontre que l’ Autorité bénit la spéculation boursière. Désormais renforcés, les commissionnaires ne seront pas délogés par la révisitation. 
 
Les pions politiques sont bien en place               
 
Les observateurs et les ONG avaient laissé entendre que l’ un des objectifs à court terme des contrats miniers avait été de financer la campagne électorale. Le parti présidentiel PPRD ne l’ a jamais démenti. Bien au contraire, c’ est l’ homme des contrats miniers, Augustin Katumba Mwanke qui avait été nommé … « trésorier » de l’ Alliance pour la Majorité Présidentielle ( AMP). Voici qu’ à la veille de la livraison du rapport de Révisitation, le même Katumba Mwanke est élevé au rang de secrétaire exécutif de l’ AMP. C’est lui qui dictera la ligne politique de la majorité parlementaire. On ne peut plus imaginer que les recommandations de la Commission de révisitation soient relayées de l’ intérieur de Parlement.
 
En cas de renégociations des contrats, elles seront menées par les entreprises publiques elles-mêmes : Gécamines (22 contrats) , Miba ( 5 contrats) , Okimo ( 6 contrats) , Kakima ( 1 contrat) , Sodimco ( 1 conrrat), Minière de Kisenge Manganèse ( 2 contrats). Les mandataires publics sont encadrés par Janine Mabunda, ministre PPRD du portefeuille. Son activisme politique dans les affaires minières l’ avait fait nommer, aux côtés de J-C Masangu comme administrateur de Katanga Mining Limited, anciennement KinrossForrest. Bref le processus de révisitation est bien ficelé. Il y a davantage. La Commission a souligné la « prévarication et la complicité des mandataires avec les partenaires entraînant la conclusion des contrats déséquilibrés et le non paiement de certains droits dus à l’Etat », ce qui les expose à des poursuites judiciaires. Comme par hasard, le Procureur Général de la République a, sous le prétexte de l’ indépendance de la magistrature, sorti des lois mobutiennes pour réprimer tout outrage au chef de l’ Etat. Comme le cheminement et la dérive des contrats léonins est indissociable du régime Kabila, il sera bientôt impossible de parler de l’ évidente paternité du Chef de l’ Etat ou de ses obligés comme Augustin Katumba Mwanke, ou encore de ses alliés de TFM, KML ou Nikanor, sous peine d’ outrage… Et si on ne sait plus le dire, s’ il y a impunité, ce n’ est pas seulement par tentative de crime parfait. Avec la révisitation inachevée, il va subsister la tentation du crime parfait.
 
Hilaire Kashala
Par Hilaire Kashala - Publié dans : congo
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 14 novembre 2007 3 14 /11 /Nov /2007 16:48

L' accident de l' Antonov avait révélé les " pouvoirs parallèles "

Le dossier des "cellules de pouvoir parallèles" est loin d' être clos.

J' ai lu quelque part que " si le président Joseph Kabila était un grand homme d'Etat ou s'il avait ne fût-ce qu'un sens de l'honneur, il aurait démissionné, pour incompétence/négligence, à la suite de l'accident d'avion à Kingasani le 4 octobre 2007. Ceci, pour avoir cautionné les injonctions du ministre d'Etat près la présidence de la République visant la levée de la mesure de suspension de vol de tous les avions de type Antonov prise par l'ancien ministre des Transports. "
Effectivement, le ministre d' Etat près la présidence a écrit une lettre à son collègue des Transports. La motion de finance à son endroit a été rejetée par l' Assemblée Nationale. La question de fond était pourtant celle-ci: oui ou non le ministre d' Etat avait des prérogatives pour interpeller son collègue. Si oui, il était en droit de relever les préoccupations des entreprises exploitant les Antonov cloués au sol. Si non, et en cas d' abus de fonctions, il aura été au service de cellules de pouvoir parallèle qui enserrent les institutions et les déstabilisent par la mauvaise gouvernance.

On a beaucoup parlé, mais on n a pas lu la loi. Voici ce que dit l' ORDONNANCE  N° 07/018  DU 16 MAI  2007 FIXANT LES ATTRIBUTIONS DES MINISTERES. " Le  Ministre d’Etat près le Président de la République est chargé de :

1°-    Relations entre le Président de la République et le Gouvernement dans les matières liées aux activités gouvernementales en particulier dans le domaine de collaboration ;
2°-    Toute autre mission lui confiée par le Président de la République ;
3°-    Assurer le suivi des dossiers du Président de la République auprès des autres Institutions.

Avec ces trois seules attributions, le ministre d' Etat n' avait pas le droit d' écrire au ministre des transports. Sa lettre est un aveu de l' existence d' un gouvernement parallèle et hors institutions. Le vote de l' Assemblée nationale prouve qu' elle agit comme caisse de résonnance. la Nation est en danger.
 
Félix Nyamba
 


 

Par Félix Nyamba - Publié dans : congo
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus