Trois années de racisme de silence
Qui sont les racistes de Mary Delvaux Fumu?

Un scoop défraie le Web congolais. Mary Delvaux Fumu, une Congolaise de 40 ans mariée à un sujet belge avec lequel elle avait eu trois enfants s'est immolée par le feu au Grand-duché de Luxembourg. Elle avait décidé de mettre fin à sa vie pour protester contre le racisme. Les témoins et son mari sur place ont tenté d'éteindre un corps en feu quand les sapeurs pompiers sont arrivés. Gravement brûlée, elle a été conduite dans hôpital spécialisé. La Grande Duchesse Maria Teresa a rendu visite à la victime et aux membres de sa famille.
Ce jour là, en effet, une manifestation écologique avait fait accourir des journalistes du Grand Duché du Luxembourg. Mary Delvaux Fumu a voulu utiliser cette vitrine médiatique en s' exposant aux photographes, rédacteurs et cameramen. Elle leur dit: « Je vais m'immoler pour protester contre le racisme! ». Ce jour là, c'était le 5 octobre ... 2004!!! IL Y A TROIS ANS déjà! Mais hormis les congolais, la grande presse internationale avait couvert le drame. Le 19 octobre 2004, Jean-Pierre Stroobants, un reporter du quotidien Le Monde avait relaté les faits sous le titre " Au Luxembourg, une mère congolaise se suicide dans l'indifférence ". Cet texte est encore consultable sur le lien internet:
Le journaliste Jean-Pierre Stroobants raconte. Mardi 5 octobre, Maggy Mufu Mpia, une quadragénaire belgo-congolaise, mère de trois enfants, a troublé la vie paisible de sa patrie d'adoption. Elle s'est arrosée d'essence en plein cœur de la capitale, Luxembourg, avant de craquer une allumette. Des photographes présents par hasard ont saisi l'image de la jeune femme en feu, hurlant sa douleur. Olivier Delvaux a tenté d'intervenir mais Maggy, transportée à Metz, est morte quelques jours plus tard. Elle voulait, affirmait-elle, dénoncer les tracasseries administratives dont sa famille était l'objet et le racisme dont ses enfants étaient les victimes. M. Delvaux qui se prend la tête entre les mains pleure: "Je me reproche de n'avoir pas vu son désespoir, mais j'aurais fait la même chose qu'elle. Aujourd'hui, je préférerais être mort, mais il y a mes trois enfants..." Il pense que beaucoup d' autorités de ce pays ont "tout fait pour le ruiner" et conduire sa femme au désespoir.
Jean-Pierre Stroobants poursuit: " Le couple habitait Bruxelles avant que le mari, ingénieur, décroche un travail à Luxembourg, en 1997. L'installation se déroule sans souci particulier mais les enfants du couple connaissent leurs premières difficultés à l'école. A Ettelbrück, un garçon se fait traiter de "sale Noir" et on l'interroge sur l'étrange couleur de sa peau de métis. La petite fille est parfois "oubliée" sur le bord de la route par le car de ramassage et, une autre fois, reste coincée dans la porte de sortie tandis que le chauffeur poursuit son chemin. Son mari affirme que, jusqu'au dernier moment, il a cru qu'elle voulait enflammer des couvertures devant un ministère. Le 5 octobre, alors que la police avait été discrètement alertée mais attendait Maggy à un autre endroit de la ville, elle s'est immolée."
Mais en 2007, l' information et les images de la torche humaine et noire ont vite fait le tour des journaux et des sites internet congolais. Cela situe bien le niveau de sérieux et de crédibilité de ces médias. Le scoop est venu du quotidien Le Palmarès du 10 novembre, et fut aussitôt repris par Digitalcongo.net, Congoforum.be et de nombreux sites et blogs congolais. Indignation et horreur. Le véritable scandale est de n' avoir pas découvert ou indiqué que les faits remontaient à 2004. Et même, en parler en 2007 exigeait un lien avec d' autres sujets traités. Le plus grand scandale est que l' on s' empare du drame d' une compatriote pour fustiger les racistes d' Europe. Dans cette affaire, Le Monde avait regretté l' indifférence des Luxembourgeois. Les Congolais qui ont été indifférents pendant trois années seraient d' autant plus racistes.
Alexis Tshabene
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