L' activisme minier des pouvoirs parallèles
RESUME On a presque oublié que le Congo a abandonné le régime présidentiel et que c’est le premier ministre qui est chef du gouvernement et qui répond de sa politique devant le parlement. Mais derrière cette façade , renforcée par le profil bas du chef de l’ Etat, des décisions de la plus haute importance sont prises et exécutées par un pouvoir parallèle. Il en est ainsi du dossier minier, tel que illustré par l’ élimination de Billy Rautenbach/Camec au profit de Dan Gertler/KMC/Nikanor. Qui a effectué ce choix au nom de la République ?
Dans sa conférence de presse, le président Kabila a annoncé : « Avant la fin de l’année ou au début de l’année prochaine, on va poser la première pierre de l’autoroute de Kasumbalesa jusqu’à Lubumbashi. Les études sont presque terminées pour la construction d’une autoroute de l’aéroport de N’Djili jusqu’au centre-ville de Kinshasa ». Depuis, on a devoile les accords de troc minier avec les chinois et potrtant sur oplus de 5 milliards de dollars. Tous ces projets ne figurent pas au programme quinquennal du gouvernement Gizenga. On peut même douter de leur opportunité, face à d’ autres priorités. Le tronçon Kasumbalesa-Lubumbashi fait
Autre exemple de ce chevauchement de cellules parallèles et miniers sur la politique nationale. Augustin Katumba Mwanke et Moïse Katumbi, l’ actuel gouverneur du Katanga, encadrent la société australienne Anvil Mining. En 2004, Augustin Katumba cumule les fonctions d’ ambassadeur itinérant de Kabila et d’ administrateur chez Anvil. Une dizaine gens armés avaient menacé la zone où opère cette société. C’est Kabila qui aurait donné l’ordre de rétablir la situation « dans les 48 heures ». Etait-ce pour l’ Etat ou pour l’ activité de Anvil ? Toujours est-il que Augustin Katumba Mwanke a été accusé d’ avoir supervisé les opérations militaires. Il s’ en est suivi le fameux massacre de Kilwa. En 2007, les juges n’ ont pas sanctionné ces tueries parce que les militaires étaient couverts … par l’ ordre présidentiel. Ils n’étaient pas susceptibles de commettre des crimes de guerre en obéissant au commandat suprême des armées... Les agents de Anvil ont aussi été acquittés. On trouva dans cette affaire Moïse Katumbi . Il était sous traitant de Anvil. Il avait organisé une manifestation contre les ONG qui soutenaient les accusations de crimes contre l’ humanité. Crime commis, en réalité, contre les apparentés de Katumba et de Katumbi ( NB presque homonymes) et qui sont originaires de Kilwa-Pweto. Par après, le même Moïse Katumbi Chapwe a obtenu de
Pourtant ce type d’ enrichissement et d’ appropriation du pouvoir avait été banni de la 3ème république. Dès Sun City, il avait été décidé d’ enquêter sur les accords miniers, et de les annuler au besoin. Cela donna lieu à
Cette déconfiture de Billy Rautenbach n’ a pas été décidée par le gouvernement. Elle intervient après un mariage de plusieurs années avec les Kabila père et fils. Est-ce une conséquence de querelles de couples ? De 1998 à 2000, Ridgepointe Overseas du zimbabwéen avait obtenu la moitié de
Voilà pour le revers de la médaille. Cependant, Billy Rautenbach avait été blanchi par le tout dernier rapport du Panel des Nations Unies sur le pillage du Congo. Même la commission Lutundula avait maintenu les contrats miniers du zimbabwéen. Car Billy Rautenbach semble un authentique entrepreneur. Il a ainsi développé de manière spectaculaire les activités de Boss Mining. Il n’ a pas attendu l’ élection de son ami Kabila pour se lancer dans l’ investissement à risques. Il a ouvert de nouvelles mines, créé une cité dénommée « Billyville » (1). La cité de Kakanda qui avait été abandonnée par la Gécamines est une bourgade de plus de 10.000 habitants avec des ouvriers qui gagnent, dit-on, un minimum de 250 dollars par mois (2) . Il a ,surtout, construit une nouvelle usine de traitement qui produit du cuivre cathode, raffiné à 99,9%. Personne n’ avait jamais fait cela avant l’ effondrement de la Gecamines. Billy serait ainsi le prototype d’ un ancien bénéficiaire du pillage qui s’ est converti en authentique investisseur. Et objectivement, le dossier de Boss Mining était moins mauvais que les autres contrats, tout aussi léonins. Pourtant « on » a décidé de casser cela. Et ce qui a fait pencher la balance, c’ est l’ irruption d’ autres intérêts. L’ histoire détaillée de ce montage est terrifiante. A SUIVRE
Willy Ngoie
(1) Il s'agit d' une bourgade noyée dans la nature. Billyville mériterait un prix environnemental. Mais il n' héberge encore que des expatriés.
(2) Le salaire brut serait d' environ 150$
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