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Vendredi 31 août 2007

Réalité de la désinformation en marche:

Le jet de Katumbi aurait été saboté !
 
Moïse Katumbi, le très médiatisé gouverneur du Katanga se fait passer pour un magicien qui sortirait  de son chapeau des billets de dollars comme des lapins, pour ensuite les distribuer comme des petits pains. Même Jésus, faiseur de miracles, n’ avait pas fait autant. L’ homme aurait-il également des dons divinatoires pour prédire à deux jours d’ intervalle qu’ il serait victime d’ une tentative d’ attentat?  La concrétisation d’ une telle prédiction et son impact médiatique l’ investiraient-ils aussi de pouvoirs pour conduire le peuple sur le chemin menant de l’Egypte mobutiste et kabiliste à la Terre Promise de la reconstruction et du développement durable ?
 
Dans un article qu’ il ne lui aurait pas déplu d’ inspirer, le journal Le Potentiel a annoncé en effet que « le gouverneur du Katanga craindrait d’embarquer à bord de son jet privé tant il s’imagine qu’au vu de la haine que certains milieux politiques lui voue, tout pourrait lui arriver ». On s’ attendait donc à ce que l’ homme retourne à l’ humiliation de voyager dans les avions de ligne, avec et comme tout le monde, afin de conjurer les menaces diaboliques que lui vaudrait la bataille autour de la retenue des 40% de recettes par les provinces. Le Katanga menait la résistance, parce que à l’ échéance du premier septembre, la riche province faillirait à honorer des engagements financiers qui n’ ont pas attendu que les caisses  soient, comme il se doit dans la gestion administrative, remplies au préalable.
 
Cette bataille est maintenant finie. Il n’ y aura pas de 40% au début de septembre, suite à un « accord selon lequel l’application de cette disposition constitutionnelle interviendra à partir du 1er janvier 2008. Le temps de disposer des textes législatifs sur la Décentralisation et les finances publiques ». Voilà que non seulement Katumbi a commis l’ imprudence de continuer à larguer ses contradicteurs en continuant à utiliser son jet privé, mais il a pris un vol de nuit, pour son  retour de Kinshasa. Arrivé au dessus de Lubumbashi, l’ avion du nouveau riche a eu un incident technique suffisamment grave qu’ il a fait craindre pour la vie des passagers. L’ aéronef a été dévié sur un pays limitrophe où des équipes de sauvetage mieux outillées ont été mises en alerte, et sont intervenues. Le gouverneur s’ en est tiré sain et sauf. L’ échec du bras de fer engagé avec Kinshasa est devenu comme une victoire inespérée grâce à la survie du héros et guide du Katanga, après sa victimisation habile.
 
Cet épisode sur les avions privés pourrait interroger la fortune soudaine d’ un important acteur politique et l’ impact de cet argent sur l’équilibre des institutions. On se souviendra que Bemba Saolona, quoique homme d’ affaires réputé et respecté, avait lui aussi acheté un jet Challenger. Le premier ministre Kengo Wa Ndondo avait initié une enquête qui mena le richissime à pousser une complainte contre « le terrorisme fiscal ». Le Potentiel qui a révélé, entre les lignes, que Katumbi venait d’ acquérir un jet privé, a estimé la chose naturelle, et titrer le nouveau slogan de Katumbi : « Je ne suis pas un politicien de carrière ». Mais Géronte des Fourberies de Scapin de Molière aurait dit du politicien en herbe : que diable allait-il faire dans cette galère?
 
Un analyste politique rencontré dans les coulisses des négociations des 40% rappelle que : «  le Chef de l’ Etat et les ministres du gouvernement central doivent déclarer leur patrimoine avant d’ entrer en fonctions. S’ ils ne le font pas dans les délais, ils sont réputés démissionnaires. La Constitution ne prévoit pas la même obligation pour les gouverneurs. Leur sort est néanmoins réglementé par un texte de 2002. Les gouverneurs, comme tous les fonctionnaires, les magistrats et les mandataires publics doivent déclarer leurs biens et fortunes à la prise et à la cessation des fonctions. Mais tous ces gouverneurs ne disent pas qu’ ils l’ ont fait. Ils sont poursuivables».
 
Moïse Katumbi, en particulier, s’était engagé bruyamment à augmenter la capacité d’accueil de la prison de Kasapa,  qui est le Makala du Katanga. Le journal Le Soft s’ en était étonné et lui avait demandé: « pourquoi ne pas positiver et dire: " je vais détruire Kasapa, parce que sous mon mandat, par une action de pédagogie, étant populaire moi-même, les gens vont m’écouter et respecter la loi et l’État, et il n’y aura pas de prisonniers». Ce à quoi le gouverneur a répondu que c’est  « bien sûr pour les hommes d’affaires malhonnêtes.  Si la population vit dans la misère, c’est à cause de nous hommes d’affaires. Que ce soit avec moi ou avec un autre, la corruption va continuer. Il y aura toujours des malhonnêtes ». L’ ordre des priorités pour les enquêtes et l’ emprisonnement n’est pas encore fixé.
 
P. Kabengele

par Pio Kabengele publié dans : congo
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Vendredi 31 août 2007

Un exploit "moïsiaque" : 

La faillite masquée du Katanga!

La légendaire et riche province minière du Katanga fait encore parler d' elle. Après avoir accouché d' une sécession, et, depuis dix ans, de la dynastie Kabila, la vache laitière du pays proposerait un nouveau modèle de reconstruction nationale, incarné par son gouverneur. L’ homme des dépenses spectaculairement faites avec son « propre argent », sans que personne ait vérifié qu’il s’agit d’ « argent propre ».  Faudra-t-il arrêter le rouleau médiatique de Moïse Katumbi ? Ou, comme le suggèrent ses irréductibles, garantir au peuple congolais un nouveau droit constitutionnel à la démagogie et au culte de la personnalité qui accompagnent cadeaux et autres matches de football gratuits? Dans ce débat, le journal La Prospérité déplore que l’on pense à censurer le bouillant gouverneur. On lui aurait même interdit de faire des dons aux nécessiteux. Le journal fustige ces « cyniques qui trouvent du plaisir à voir la population mourir de faim sans aucune assistance. On a affaire à des incompétents qui ne veulent pas voir des dirigeants capables aux commandes de la chose publique ». La troisième République sera-t-elle « moïsiaque » ?  

Lorsqu’ il distribue de l’argent, Katumbi égrenne des montants en dollars américains, oubliant qu’ il est devenu une autorité publique et qu’ il devrait parler de  francs, la seule monnaie qui a cours légal. Parvenu aux commandes en dehors de toute idéologie et de tout combat politiques, l’homme entend imposer ses propres méthodes. Il a déclaré au Soft International : « je ne suis pas un demandeur de postes. Je suis un opérateur économique. Et j’essaie de gérer la province comme je gère mes affaires ». Cette déclaration révolte un universitaire katangais pour qui « de tels propos sont anarchistes et subversifs. Il n’ y a jamais de gestion personnelle et irresponsable de la chose publique» dit-il. 

Le journal La Prospérité croit connaître la raison de l’ énervement grandissant envers l’ homme hyper médiatisé :  « Les ennuis de Moïse Katumbi ont un lien avec sa dernière prise de position en rapport avec la retenue à la source de 40% de recettes par les provinces. En effet, craignant de ne pas réaliser les promesses électorales faites à la population, le "gouvernator" a décidé d’appliquer dès ce mois de septembre la disposition constitutionnelle relative aux 40% de recettes dus aux provinces ».  Pour le journal Le Palmarès, Katumbi a dit "non" au premier ministre Gizenga., en ces termes : « moi, je suis allé à Kinshasa, c’était pour réclamer les 40% . Parce que les Katangais ont beaucoup souffert. La Constitution dit qu’on doit retirer à la source les 40%. Peut-être qu’ il y a une deuxième Constitution en République Démocratique du Congo; là je peux accepter. Et moi, je veux retenir le premier. Cela, dès le mois de septembre ». Et comme pour mieux faire pression, le chouchou des médias met dans la balance son propre mandat à la tête du Katanga. Il avait déjà affirmé au Soft International que « si le 1er septembre, je n’ai pas les 40% comme cela avait été annoncé, je démissionne.»  

Dans certains cercles intellectuels de Lubumbashi, on s’étonne que ces "sorties" qu' ils qualifient de "sottises"  restent sans réaction, ne serait-ce que parce le gouverneur est peu instruit et qu' il tient des propos décousus et souvent terre à terre.  « Tout se passe comme si les gagnants des élections auraient été investis de l’ intelligence et du savoir faire!». On se dit scandalisé par le fait que «  Katumbi parle des souffrances des Katangais, alors qu’ il étale avec indécence de la richesse personnelle». Ce que confirme Le Soft International en détaillant le train de vie de Katumbi : « son palais s’est transformé. Des meubles dorés ont pris place, certains faisant partie de la commande non livrée passée par certains monarques. Le parc automobile s’ est redressé comme une fusée. Hummer, Mercedes 600 S et CL, Lincoln, à perte de vue... » 

On commente ce qu’ on qualifie de chantage à la démission : «  une manipulation de plus, une autre forme de la pratique démagogique. Il prépare des boucs émissaires qui seront accusés de lui avoir enlevé les moyens de sa politique... qu' il n' a même pas encore mis en oeuvre de manière durable...  Il a été élu pour la démocratisation effective des institutions provinciales.  Pour cela, il n a pas besoin des 40%. On ne connaît rien des comptes mensuels de la province, depuis janvier. Tout baigne dans le flou, sauf les hommages au grand et unique chef. On est en plein néo-mobutisme. Car parler des 40% ne signifie rien; on a besoin de connaître la base du pourcentage; ainsi 4%  de un million de francs valent cent fois plus que 40% de mille francs". Et tous d' applaudir celui qui conclut que l' "on cache la vérité aux populations. Les provinces bénéficiaient déjà de 15% qui ont été portés à 20%. Quels miracles obtiendraient-elles avec les 20% qui manqueraient à l’ appel des fonds ?Ce qu’ il faut, c’est de la bonne gouvernance. Mais on s’ en éloigne. Katumbi a toujours été dépensier. C’est l’ homme des coups. Il joue cette fois avec les finances publiques, comme à une tombola».  

Un conseiller dans un ministère provincial explique que « dans le budget katangais, les fonds attendus du gouvernement central représentent 60% des recettes. La moitié de cette dotation est accordée maintenant par Kinshasa. Cela veut dire que la province doit produire le solde de 40% de son budget. Mais jusqu’ ici, il n’ y a eu aucune action de mobilisation des recettes locales ».  Le gouverneur avait organisé un méga-show à l’ occasion de la fête nationale du 30 juin, avec le défilé de plus de 80 véhicules: des ambulances, des jeeps tout terrain, des camionnettes et des engins de génie civil. Le site de la Radio Okapi précise que « Moïse Katumbi affirme que ces véhicules seront payés à partir de la rétrocession de 40%. Selon le gouverneur du Katanga, ces véhicules ont été pris à crédit». Ainsi donc, si les 40% ne sont pas obtenus le 1er septembre, Katumbi ne pourra pas payer les fournisseurs de touts ces dépenses de prestige. Voilà ce qui fait monter la pression médiatique. Le Katanga, géré comme une affaire privée et personnelle, se trouverait bel et bien en faillite pour son tout premier exercice budgétaire.   

P. KABENGELE

par Willy Ngoie publié dans : congo
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Vendredi 31 août 2007

Tentatives de mettre fin à la surmédiatisation de Moïse Katumbi ?

On vient d’ apprendre la mise sous embargo médiatique de Moïse Katumbi, le tout puissant gouverneur du Katanga. Les titres dramatisent au point de parler de la « mort politique annoncée » de l’ un de ceux qui ont accédé le plus fraîchement à l’ arène politique. Il est vrai qu’ aucun autre n’ encombre autant les médias. Et cette trop grande visibilité semble avoir rendu le personnage encombrant. Cette censure médiatique pourrait être analysée sous l’ angle de la jalousie, tant les autres acteurs se trouvent relégués à l’ ombre. Les plus vicieux en appellent à Joseph Kabila dont les marges de prestige et de réelection sont grignotées par son héraut. Mais ce serait trop vite oublier que c'est une majorité à la fois présidentielle que parlementaire nationale et provinciale qui est aux commandes et que Katumbi flotte les couleurs du PPRD. Son infortune médiatique refléterait en ce cas soit des luttes intestines soit encore la fragilité de l’ AMP.  Il reste étonnant que des dirigeants PPRD essaient de museler un de leurs, à la fois clairon et bailleur de fonds. Comme s' il faisait désiormais cavalier seul.

Il est révélateur que la nouvelle de l’ embargo est venue sous forme de plaidoiries en faveur de l’ homme politique et de la poursuite de son matraquage médiatique. On le voit partout. De là à penser que c’est l’ intéressé lui-même qui progage le bruit pour exploiter sa victimisatio en mobilisant des thuriféraires, il n’ y aurait qu’ un petit pas à franchir. Le premier, Le Potentiel,a conclu que « Moïse Katumbi dérangerait-il certaines conscien­ces ?... Élu du peu­ple, il devrait, en revanche, béné­ficier de l’appui des institutions de la République. Démocratie et État de droit obligent ». De son côté, La Prospérité écrit que la censure s’exercerait aussi sur la RTNC provinciale du Katanga-même, avant de s’ exclamer : « l' embargo médiatique du gouvernator étonne plus d'un pour autant que c'est Moïse Katumbi qui venait de payer, de sa poche, un équipement pimpant neuf pour la RTNC/Katanga. Coût de l'opération : 500 mille dollars américains…».  

Entre les lignes, ces deux journaux posent le problème des relations entre les médias, la démocratie, l’ État de Droit et l’ argent. Car toute l’ histoire politique de Moïse Katumbi est d’ abord une histoire d’ argent. Ensuite une histoire d’ argent. Et, enfin, une histoire d’ argent. L’ argent a tout acheté : la députation nationale puis provinciale, puis le gouvernorat de province et il est parti à la conquête du Pays en dehors du Katanga. On s’ est extasié sur la réussite rapide et impertubable de cet animal politique de genre nouveau, mais sans s' interroger sur ce qui se cachait derrière l' écran de fumée financière les dons quotidiens en dollars américains, ponctués de la précision qu' ilo s'agit de son "propre argent". Mais est-ce de l' argent propre? Car au-delà de la popularité, la démagogie tous azimuts ne fait-il pas le lit de l’ impunité et de la mauvaise gouvernance? 

Le temps semble venu de poser la première et seule véritable question. Quelle est l’ origine de cette masse d’ argent de Katumbi? On apprend qu’ au Katanga, des gens sont à ce point ébahis qu' ils pensent que l’ intéressé à une imprimerie de billets de banque... Mais les personnes informées n' oublient pas, en ces temps de la révisitation des contrats miniers, que l’ homme a raflé des dizaines de millions de dollars américains en négociant une mine et des contrats miniers dont le profit aurait dû revenir à l’ État ou d' autres adjudicataires. La deuxième question, celle du jour, porte sur la cohabitation entre le mandat politique obtenu par les urnes -- la légitimité du pouvoir -- et la confiscation de ce même pouvoir par une popularité tenant de la démagogie et de la corruption des esprits et des consciences. Les Pères de la nouvelle république ont considéré que la désinformation est l’ un des plus graves dangers, et ils ont pensé s’ en prémunir en instituant une autorité des médias. Et la censure de Katumbi ferait l' unanimité sur cet aspect.

Plus révélateur, le plaidoyer du Potentiel en faveur du gouverneur katangais dévoile la menace médiatique qui pèse sur la Démocratie et l’ État de Droit. Le journal indique que l' embargo a été décrété « sur la chaîne nationale (RTNC) et l'autre chaîne sœur Digital Congo ». Autrement dit, le Pouvoir noyaute l’ Information. La privée Digital Congo est la « chaîne sœur » de l’ officielle RTNC ! Ce noyautage de l' opinion publique que certains savaient et que tous soupçonnaient peut être étalé et écrit noir sur blanc, sans peur de heurter les bonnes intelligences. N' est-ce pas là une indication selon laquelle les conquêtes de la Démocratie se feraient à rebours, avec la perte progressive des libertés et du droit à l’ information et à la critique? 

L’ autre alerte rouge vient de La Prospérité. Selon ce journal, Katumbi a « offert » des équipements pour 500 mille dollars. Ce don montre la finalité réelle des autres actes de générosité du gouverneur. L' impérialisme qu' on dénie aux donateurs internationaux à qui on refuse de régenter le pays donnerait des droits. Le journal laisse entendre en effet que la RTNC devrait rester au service de son bienfaiteur et de diffuser des louanges incessants. On apprend toujours du Katanga que Moïse Katumbi a lancé ses propres chaînes de radio et de télévision, dénommées « NYOTA » ( NB étoiles ou étincelles,).   Des étincelles qui pourraient  mettre le feu à la maison Congo...

P. KABENGELE

par Pio Kabengele publié dans : congo
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